Court
survol des 25 années d’existence de l’ETA
« La Serre-Outil »
L’association
sans but lucratif « La Serre-Outil », atelier
protégé, est née le 15 février 1980.
Ses statuts ont été publiés dans le Moniteur
Belge du 3 avril 1980.
Son initiateur, un jeune assistant social frais émoulu, sut
réunir les bonnes volontés indispensables pour concrétiser
le projet qu’il caressait et qui s’inspirait directement
de la philosophie du Fonds National de Reclassement Social et Professionnel
des Handicapés, dit « Fonds Maron », du nom de
son premier fonctionnaire dirigeant : « assurer à tout
handicapé un travail utile et rémunérateur
et lui permettre de se perfectionner professionnellement jusqu’à
pouvoir, objectif ultime, occuper un emploi normal».

Mme Buysse et d’Oreye, fondatrices de LSO  |
Le
pouvoir de tutelle du FNRSH, sous l’autorité duquel
commencèrent en 1980 les activités de « La Serre-Outil
», fut dévolu en 1991 au Fonds Communautaire pour l’Intégration
Sociale et Professionnelle des Handicapés , puis en 1993
à la Commission Communautaire Française ( COCOF ),
enfin en 1998 à un service à gestion séparée,
le Service Bruxellois Francophone des Personnes Handicapées
( SBFPH ) responsable devant le Collège de la COCOF et du
Ministre, membre de la COCOF, chargé des Personnes Handicapées.
La sympathie agissante du Collège des Bourgmestre et Echevins
de Woluwe-Saint-Pierre de l’époque se concrétisa
dans un accord avec l’a.s.b.l .« Parc Crousse ».
Certains locaux du Centre communautaire furent mis à notre
disposition, une avance de fonds nous fut consentie et l’entretien
du Parc Crousse nous fut confié .
Cela permit le recrutement dès octobre 1980 de trois ouvriers
et d’un quatrième en décembre.
Le cadre, soit un assistant social, un horticulteur et un aide-jardinier,
était lui, pris en charge par l’ONEM sur la base d’un
projet d’emploi de CST présenté en janvier et
accepté en octobre.
En
mars 1981 l’association déménageait
aux « Venelles » et y occupait des locaux plus spacieux,
mis à notre disposition par l’administration communale.
L’effectif des ouvriers passait à six en avril puis
à sept en juin.
Les démarches entreprises auprès du FNRSH en vue de
l’agrément provisoire de l’atelier, condition
sine qua non pour l’obtention de subsides, aboutissaient en
août 1981.
Dix travailleurs étaient occupés en septembre.
L’administration communale nous concédait en décembre,
dans une convention en bonne et due forme, l’usage durant
neuf ans d’un terrain à front de la rue Au Bois et
nous permettait d’y construire une serre et d’y installer
une pépinière.
Expulsés de ce terrain peu de temps après, arbitrairement
et sans avertissement préalable, nous avons obtenu en compensation
la disposition à titre précaire d’un terrain
au bout de la rue Konkel , nécessaire pour l’entreposage
des déchets et la fabrication de compost. Nous n’avons
jamais obtenu que la convention non respectée de la rue Au
Bois soit transférée à ce terrain , mais nous
en avons cependant disposé jusqu’à ce jour et
pourrons encore en disposer jusqu’à ce que soit finalisé
le projet de construction d’immeubles à loyer social
sur ce terrain.
C’est en décembre 1981 que nous achetâmes un
premier camion, puissamment aidés par un don généreux
de cent mille francs d’une personne privée.
Février 1982 est une étape importante. « La
Serre-Outil » est enregistrée comme entreprise de jardinage,
condition obligée pour accéder aux adjudications publiques.
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En
juillet 1982 l’atelier occupe
12 ouvriers handicapés :
- 1
assistant social
-
2 moniteurs horticoles A1
- 1
secrétaire
Une
convention est passée avec le Fonds Social Européen
pour la formation poussée de trois jeunes horticulteurs.
Une deuxième convention portera en 1984 sur la formation
de treize travailleurs.
Les matières enseignées durant neuf semaines ont été
condensées dans un syllabus fort bien illustré.
Les activités se développant, l’association
commence à se sentir à l’étroit et se
met à la recherche d’un immeuble à acquérir,
chose faite en mai 1983, après avoir obtenu du FNRSH l’assurance
de principe d’un accueil favorable de notre demande de subside.
«
La Caisse Brabançonne », seule parmi les banques consultées,
accepte de nous ouvrir un crédit hypothécaire de 1.600.000
francs remboursable en cinq ans.
Nous nous en sommes totalement libérés après
trois ans.
L’immeuble acquis, sis rue Kelle, était dans un état
de grand délabrement.
L'immeuble
rue Kelle
|
Il
a nécessité d’importants travaux de rénovation
et de construction, notamment pour répondre aux normes du
règlement de travail et de sécurité et d’hygiène.
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1983
: La Serre Outil aménage son nouveau siège social
rue Kelle

Yves Gilson  |

Michel De Backer  |

Pranush Mjeku  |

Eric Depiesse  |
Le
rez-de-chaussée et les annexes ont été occupés
dès avril 1984, le reste de l’immeuble étant
donné en location. ..
1985 fut une année de crise profonde. Les effets pervers
de la gestion brouillonne du personnel et des contrats commerciaux
publics et privés par le Directeur avaient miné progressivement
les relations confiantes avec la clientèle et provoqué
une démotivation générale qui déboucha
sur la démission du directeur et le départ des deux
moniteurs, dépassés par le développement trop
rapide des activités et l’insuffisance des équipements
et du charroi.
La nomination d’un nouveau directeur, technicien horticole
A2, volontaire, dynamique et imaginatif, permit heureusement le
redressement rapide de la situation sur les divers plans
de la productivité de la motivation des travailleurs de la
qualité du travail du renforcement de l’esprit d’équipe
et de la confiance de la clientèle

Fernand Tonglet et André Bakkaus  |
Dans
le même temps, la tenue manuelle de la comptabilité
évoluait progressivement vers une comptabilité informatisée
sommaire puis plus analytique et rigoureuse, respectueuse des directives
du FNRSH.
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Les
travaux de construction d’une cantine spacieuse,
de sanitaires et douches furent achevés
en 1988 et ces nouveaux locaux furent inaugurés le 27 avril
en présence de plusieurs personnalités politiques.

MM. Pierre Gilson et Fernand Tonglet, administrateurs et Madame
Malisani  |
Nous
occupions à ce moment vingt-cinq ouvriers, encadrés
par le directeur, trois moniteurs et une secrétaire. Nous
disposions de deux camions, de deux camionnettes, d’un véhicule
tout terrain avec remorque, de tondeuses manuelles à moteur
et de tous les matériels annexes nécessaires à
la profession.
Le directeur, fort préoccupé par le fait que l’association
ne possédait aucun terrain en pleine propriété,
en repéra finalement un à la chaussée de Stockel,
dans la seule zone artisanale restante à Woluwe-Saint-Pierre.
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Il
convainquit aisément
le Conseil d’administration de la nécessité
de saisir cette occasion, d’autant plus que le rez-de-chaussée
d’un bâtiment en ruine existant pouvait être aménagé
en un modeste magasin à peu de frais. Un
emprunt fut conclu auprès du Crédit Communal de Belgique
et l’acte de vente fut conclu en 1997.
La parcelle acquise en jouxtait une autre que nous achetâmes,
en septembre 2001, sur fonds propres au prix d’un emprunt
supplémentaire, avec obligation faite par le vendeur d’acheter
simultanément une maison d’habitation en bon état,
que l’on pouvait imaginer devenir la conciergerie ou être
aménagée en studios à louer pour handicapés.
En possession cette fois d’une surface suffisante, il devenait
possible de réaliser le projet de la centralisation des activités
en un lieu unique, de vendre le siège de la rue Kelle pour
en construire un nouveau à la chaussée de Stockel
, de développer les activités du magasin et d’installer
une pépinière.

M. Gilson M. et Mme d’Oreye
|

M. et Mme Tonglet
|
M.
et Mme Marcel Lequeux
|
M.
Lambert
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Une
première demande de subside à l’investissement
fut adressée au SBFPH en janvier 2000.
La mort accidentelle du directeur le 08 septembre 2002 nous obligea
à suspendre la procédure, dans l’attente de
l’engagement d’un nouveau directeur, auquel il faudrait
donner le temps de la réflexion avant qu’il ne prenne
en charge la réalisation du déménagement projeté.
En fait, tout alla très vite. Le magasin rénové
en profondeur et la jardinerie annexe étaient inaugurés
en mai 2003 en présence de nombreuses personnalités,
et le nouveau siège social était occupé dès
janvier 2005.
Depuis, la Direction a été confiée à
un nouveau directeur, le 4ème depuis la naissance de la Serre-Outil.
Une profonde réorganisation administrative et logistique
est en cours et porte déjà des fruits
prometteurs.
Le quota de personnel autorisé par le SBFPH est porté
à 30 personnes, cinq équipes bien organisées
sont sur pied.
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Installation
chaussée de Stockel : Installation
chaussée de Stockel
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L’action sociale à
La Serre-Outil
Dès son entrée en fonction en 1985,
le directeur a eu le souci de connaître de très près
chacun des ouvriers, sa situation matérielle, son milieu
familial, ses problèmes de santé, sa capacité
à gérer un budget, à régler l’un
ou l’autre problème avec les autorités, un propriétaire,
etc……
Au long des années, une aide financière ponctuelle
a été donnée à ceux qui devaient faire
face à des frais importants : naissance d’un enfant,
long séjour en hôpital, amélioration de la garde-robe,
frais d’avocat,. Un ouvrier incarcéré a reçu
de nombreuses visites de soutien dans le souci d’éviter
qu’il ne sombre définitivement. Une médiation
en milieu familial a été à plusieurs fois nécessaire
pour plusieurs ouvriers.
Mais
avant tout, de grands efforts ont été consentis pour
souder les équipes, cultiver les esprits, offrir
de saines distractions valorisantes, telles : séances de
natation, sorties à vélo, excursions en Belgique (
croisière sur l’Escaut, week-end à la côte,
visite du Domaine de Raversyde et des vestiges du mur de l’Atlantique,
les tranchées de l’Yser de 14-18), voyages à
l’étranger (ski dans les Dolomites, les vignobles de
Champagne, le débarquement allié en Normandie, la
tranchée des baïonnettes, la ligne Maginot, etc…..).

Excursion au Zoo  |

Ski en Italie  |

Grottes de Han  |

Sur le mur de l’Atlantique  |
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2002
: La Serre Outil va à la mer
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Les
anniversaires étaient régulièrement
fêtés, éventuellement regroupés, des
repas organisés, des cadeaux récompensaient une présence
de 10 ans, etc
Le club ouvrier autogéré disposait d’une TV,
d’une chaîne Hi-Fi, de jeux divers et d’une bibliothèque.
Bref,
l’association a cherché à concilier, et y a
réussi, les impératifs économiques et sa mission
sociale, à savoir : procurer un travail utile certes, mais
aussi et surtout favoriser au maximum l’épanouissement
de chaque individu, dans son milieu de travail et dans sa vie privée.
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10
ans ! Cela se fête....
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En
conclusion
Elle a pu compter pour ce faire sur le dévouement de bénévoles
tels la mère du 2ème directeur, une vraie maman pour
ceux qu’elle appelait affectueusement « mes petits gars
», dont elle contrôlait qu’ils n’arrivaient
pas au travail le ventre creux, qu’ils prenaient bien les
médicaments qui leur étaient prescrits, qu’elle
réconfortait lorsque leur moral était atteint , qu’elle
accompagnait dans les voyages et excursions pour veiller à
leur bonne tenue et à leur bien-être.
Notre association peut se flatter, partant de rien, d’avoir
constitué par ses seuls efforts un patrimoine solide, gage
de sa pérennité.
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